Pierre Nora 2

Nora, Pierre (Hrsg.) (1984). Les Lieux de Mémoire. Vol. 1: La République. Paris: Gallimard, p. XVII.

Au-delà de la métaphore, il faut prendre la mesure de ce que l’expression signifie : un basculement de plus en plus rapide dans un passé définitivement mort, la perception globale de toute chose comme disparue – une rupture d’équilibre. L’arrachement de ce qui restait encore de vécu dans la chaleur de la tradition, dans le mutisme de la coutume, dans la répétition de l’ancestral, sous la poussée d’un sentiment historique de fond. L’accession à la conscience de soi sous le signe du révolu, l’achèvement de quelque chose depuis toujours commencé. On ne parle tant de mémoire que parce qu’il n’y en a plus.

 

Nora, Pierre (Hrsg.) (1984). Erinnerungsorte. Band 1: Die Republik. Paris: Gallimard, S.XVII.

Über die Metaphorik hinausgehend, muss man das Ausmaß begreifen, was der Ausdruck bedeutet: ein immer schneller werdendes Umschwenken in eine tote Vergangenheit, die allgemeine Wahrnehmung aller Dinge als verschwunden – ein Bruch des Gleichgewichts. Das Losreißen von dem, was noch an Gelebtem geblieben ist, in der Wärme der Tradition, in der Stummheit des Brauchtums, in der Wiederholung von Althergebrachtem, unter dem Druck eines dumpfen historischen Gefühls. Die Erlangung eines Selbstbewusstseins unter dem Zeichen von längst Vergangenem, das Vervollständigen von etwas, das seit jeher begonnen war. Wir sprechen nur deshalb so viel von Erinnerung, weil es sie nicht mehr gibt.“